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Brève histoire des ermitages en Roussillon

LES ERMITAGES EN ROUSSILLON


Je voulais vous parler de ces ermitages du Roussillon qui sont en quelque sorte, l'âme de notre région. Le territoire possède une soixantaine d'ermitages, ce qui, rapporté à la superficie du département de 4116 km2, est assez considérable.

Les textes rapportent l'existence d'ermitages à partir du Xeme siècle, époque de la naissance de la Catalogne, avec deux centres importants de l'érémitisme que furent les massifs de Monserrat et  de Montsant.  A la même époque, Pierre Orséolo, Doge de Venise, à la suite de sa rencontre avec Garin, abbé de Saint-Michel-de-Cuxa, vint à Cuxa et prit l'habit monastique en 983. Il était lassé des fastes de sa charge et aspirait à une vie plus empreinte de spiritualité.  Pierre Orséolo obtient de Garin la permission de  vivre en ermite à proximité de l'abbaye. On peut voir encore les restes de l'ermitage de Pierre Orséolo dans le bois entourant l'abbaye.

Les ermitages du Roussillon furent implantés sur des lieux de culte déjà existants, comme une église paroissiale sur le territoire de communes délaissées par leurs habitants. Ou bien sur le site  d'anciennes places fortes.  Ou bien  leur implantation se faisait à la suite de faits miraculeux ou d'inspiration divine :  vierge découverte par une brebis comme à Domanova près de Rodes ou par un bœuf à Cases de Pène. L'âge d'or de ces ermitages se situe entre le XVIIe siècle  et le XVIIIe siècle, jusqu'à la Révolution Française.

Jusqu'à la fin du XVIe siècle, les ermites étaient surtout mus par un esprit d'ascèse et à partir du XVIIe siècle, tel les moines convers, ils étaient au service du clergé local.

L'ermite avait trois fonctions. Prier. Travailler : son lopin de terre et entretien de l'ermitage, accueillir les fidèles lors des aplecs (jour de célébration du saint sous le vocable duquel était placé l'ermitage, maintenant fête paroissiale).

Quêter : Il passait de communautés en communautés pour recueillir de la nourriture ou de l'argent. Il portait autour du cou une capelleta (un coffret contenant des effigies de saints  ou médailles) devant laquelle priaient les fidèles. L'ermite portait un habit monastique et le titre de « Fra ».

La Révolution mit temporairement fin à cette pratique : tous les lieux de culte non paroissiaux devaient être abandonnés et leurs biens vendus comme bien national.  A la suite du Concordat signé en 1801 entre Napoléon et le Pape Pie VII, certains ermitages furent à nouveau  ouverts au culte.  

Au moment des lois de  séparation de l'église et de l'état en 1905, jusqu'à la Première Guerre mondiale, les ermites  étaient déjà beaucoup plus sécularisés que leurs prédécesseurs. Ils étaient devenus gardiens des lieux tout en continuant de quêter et maintenaient en quelque sorte la tradition. La dernière Guerre Mondiale vit la fin  de cette pratique et le déclin de la spiritualité fit le reste.

De nos jours, quelques ermitages comme Domanova, St-Maurice Greulera et Cases de Pène sont habités par des ermites.

Sur le sujet des ermites, je vous recommande en particulier le livre de Pierre Capdet : « L'été de la Saint-Martin » qui relate la vie de l'abbé Ciuro, de Camélas qui, au XVIIe siécle écrivit en langue catalane, un traité sur l'ermitage de Sant Marti de la Roca.

Je vous propose quelques photos d'ermitages.  Ci-dessous, photo de l'emplacement de l'ermitage de Pierre Orséolo à Cuxa.



10/02/2011
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